Nous arrivons à Kampot en début d’après-midi La ville se trouve dans le sud du Cambodge à 20 km de la mer. Nous enfourchons une petite moto et partons donc direction « Kep sur Mer », une ancienne station balnéaire de colons.
La ville est minuscule et n’a rien d’une station balnéaire, si ce n’est ces quelques maisons à la française qui font penser aux maisons à colombages de Deauville. On se demande ce qu’elle font là dans ce paysage tropical…
Nous passons l’après midi à la plage sans personne autour de nous et nous baignons dans une mer ultra chaude.
Nous rentrons avec le coucher de soleil qui défile sur les paysages de marais salants. C’est très beau, on se sent libres et seuls au monde! Emmanuel est content de conduire une moto, son scooter parisien lui manque! Nous en profitons pour faire un petit tour en ville et admirer les anciennes demeures coloniales et dinons à la locale dans la rue.
Le lendemain, nous partons pour une excursion d’une journée au Bokkor. Le Bokkor est une montagne donnant sur la mer où jadis les français avaient construit une petite ville avec un casino, une église, une poste… A leur départ, tout a été laissé en plan, pendant les affrontements entre le Vietnam et le Cambodge (le Vietnam est à seulement quelques kilomètres) les soldats se servaient des bâtiments abandonnés pour leurs affrontements. Et depuis la ville a été laissé à l’abandon en ruine.
Un film de Matt Dillon a même été tourné sur place pour le côté fantasmagorique. Emmanuel a donc très envie de découvrir cette ville fantôme.
Nous partons à une petite quinzaine, majoritairement des français, accompagnés d’un guide obligatoire et d’un ranger armé… Si on rencontrait un tigre, nous dit-on…. Nous entamons une marche à travers la foret tropicale sous une chaleur torride. La montée est difficile mais tout le monde part au quart de tour. Au bout d’1/4 d’heure Anaïs décide de le faire à son rythme, sous peine de mort subite. Elle reste donc en arrière et entame une discussion, qui durera toute la journée, avec une française ayant beaucoup beaucoup voyagé (2 tours du monde à son actif).
Nous avançons dans la jungle (différente de celle du Népal), la végétation est dense et le bruit des animaux alentours très présents. Au bout d’une heure et demie de montée, nous arrivons sur une route où nous attend un camion…
Nous montons à l’arrière du camion (dans la benne) dans une position très inconfortable et finissons la montée sur une route… enfin une piste très endommagée. Nous sommes soulagés d’arriver nous ne sentons plus nos pieds, nos fesses ni nos jambes. Ceux assis à l’arrière du camion sont rouges de la poussière de la route.
Nous découvrons alors le site sous un soleil radieux, qui pour une fois gâche un peu notre visite et appauvrit le côté mystique du lieu. Nous nous rendons à la Poste, à l’Eglise puis à l’Hôtel Casino. Nous apercevons des impacts de balles dans les différents lieux et trouvons même des douilles… Dans l’ancien hôtel casino, nous faisons la visite du propriétaire: ses suites, son grand salon et ses cuisines abandonnés. Avec le temps, seuls les carrelages et les mosaïques ont survécus envahis toutefois par la mousse. On s’imagine dans la chambre 12 ou 14 avec le petit balcon. C’est vraiment dommage d’avoir laissé tout ceci péricliter…
Mais nos amis chinois ont récemment acheté le site, et ont décidé d’en faire un énorme complexe hôtelier avec une immense tour et plein de bâtiments modernes prêts de ses ruines. Quel gâchis… Les autorités cambodgiennes en acceptant ont pensé à l’argent engrangé mais pas à la préservation de leur patrimoine.
La brume nous rejoint finalement pour la fin de la visite. Et nous avançons à tâtons pour découvrir l’ancienne demeure du roi du Cambodge.
Au retour même combat: taxi camion… Anaïs remarque qu’un siège à l’avant est libre, et fait le retour plus confortablement. Pas folle la guêpe!
Notre descente à travers la foret se fait au coucher du soleil pour notre plus grand bonheur.
Mais en descendant, Emmanuel se tort la cheville qui a l’arrivée a doublé de volume.. GRRRRR Nous dinons donc à notre guesthouse en espérant qu’il ira mieux demain pour le retour à Phnom-Penh.




Chargement