Une fois passé la frontière chinoise, nous traversons un pont et ça y est nous sommes dans un monde complètement différent. Tout a l’air plus détendu, plus dilettante. A tel point que si nous n’avions pas été consciencieux, nous aurions pu ne pas faire nos visas népalais. Le petit baraquement des douanes étant bien caché et personne ne venant nous demander de remplir les formalités d’usage.
Nous faisons nos visas népalais et commençons avec le reste de la troupe à négocier le prix d’une jeep pour aller à Kathmandu. Pendant nos discussions, Emmanuel sent soudain la main de quelqu’un dans sa poche. Celle où il avait rangé son passeport et notre carte de crédit le temps de faire les visas. La poche est vide, le ton monte, il commence à fouiller le malotru. Tout le monde lui demande s’il est bien sûr, Anaïs devient folle de rage, en ¼ de seconde elle s’imagine tout ce que vol de passeport et de carte bleue engage comme démarches et enquiquinements. Emmanuel se rend compte à ce moment là qu’il avait eu le temps de remettre son passeport dans la bonne poche cachée et inaccessible… OUF donc, plus de peur que de mal, nous nous excusons auprès du Népalais, qui est mi figue-mi raisin… N’empêche qu’il avait quand même sa main dans la poche d’Emmanuel.
Welcome to Nepal !
Nous finissons par obtenir un prix correct et partons direction Kathmandu. Les paysages sont luxuriants et n’ont plus rien à voir avec le Tibet. On pourrait se croire dans la jungle. Notre route est pourtant toujours la célèbre « friendship highway ». Sur la portion de route chinoise nous n’avions vu que montagnes arides et travailleurs chinois par dizaines travaillant pour améliorer la route, la portion népalais est bien différente : route en mauvais état mais palmiers, plantes généreuses aux couleurs chattoyantes, népalaises lézardant au soleil ou se lavant les cheveux devant leurs bicoques en bois, enfants à moitié nus et partout de la musique et des sourires.
Nous aussi avons le sourire aux lèvres, de voir les couleurs qui changent, de sentir un soleil bien plus chaud qu’au Tibet (nous descendons en altitude) mais surtout l’excitation de découvrir un nouveau pays.
4 h plus tard nous arrivons à Kathmandu. Chacun d’entre nous retrouve son hôtel, tous dans Thamel, le quartier/guetto pour touristes et soixante-huitards en éxil. Nous nous retrouvons pour manger une pizza tant attendue. En effet, pendant tous notre voyage au Tibet, et après toutes les nouilles tibétaines avalées nous avons rêvé d’un plat européen. Nous nous sommes tous mis d’accord sur une pizza à l’aide des conseils du Guide du Routard. Nous ne sommes pas déçus. Nous arrivons dans un VRAI restaurant avec un VRAI four à pizza et de VRAIES pizzas en perspective. Pour nous, c’est le premier repas occidental depuis notre Mac Do de Pekin. Nous choisissons de partager une pizza poulet tandorii (l’Inde se rapproche) et une pizza aux légumes du soleil. Un régal !
Une fois repus nous partons tous chacun de notre coté pour profiter de la fin d’après midi. Ballade dans le Thamel (achat d’un faux pantalon North Face pour Emmanuel – il ne se vend que cette marque dans le quartier, la célèbre marque de randonnée a du souci à se faire…), lessive et internet dans un agréable café. Mais le serveur vient nous apprendre au bout d’une demie heure qu’il n’y a plus d’électricité comme chaque jour à cette heure-ci pendant 2 heures dans tous le pays pour des raisons d’économies. Étrange coutume ! Nous retrouvons nos amis pour boire un verre, nous ne dinons pas encore trop repus de nos énormes pizzas.
Le lendemain, 1ere étape : faire nos visas indiens qui sont compliqués à obtenir (nous rejoignons tous l’Inde après le Népal). Nous nous levons donc tous très tôt, et trouvons porte close. En effet c’est samedi et contrairement aux indications de nos guides, l’ambassade est fermée. Tant pis, nous sommes débout, profitons-en. Nous allons découvrir le quartier de Durbar Square, le quartier historique et monumental de Kathmandu (le nom de la ville veut dire Temple de bois en sanskrit) où sont rassemblés temples, stuppas et palais. Les couleurs nous éblouissent, que ce soient celles des bâtiments où des népalaises en saris colorés vendant des légumes. Nous montons en haut d’une tour pour regarder l’animation de la rue, il y en a pour tous les gouts.
Après un déjeuner indien où Emmanuel retrouve son plat Indien préféré le Kushimiri Rice (riz avec des fruits frais ou secs) et Anaïs le poulet Biryiani, nous partons à pied au Monkey Temple: un temple dédié à Buddha bien sur mais habité par des singes en pagailles
Nous marchons une dizaine de minutes, et nous avons déjà l’impression d’être en pleine campagne et plus dans une capitale. Une fois arrivés nous apercevons très vite les habitants des lieux, qui évoluent dans le temple et ses alentours comme chez eux. Ils passent d’arbre en arbre comme dans Tarzan. Nous les regardons fascinés. Un singe voit une dame tenant des cacahuètes dans un papier journal et vient lui voler. Toutes les choses qu’on dit sur les singes sont donc vraies !
En haut du temple nous avons une vue imprenable sur Kathmandu. Beaucoup de touristes, la plupart népalais, normal nous sommes dimanche. Nous croisons même des classes de petits bonzes en sortie au temple.
Le soir nous dinons tous ensemble japonais, en mémoire des 3 ans passés par Felicity et Alex au pays du soleil levant. Nous en profitons pour déguster un Tonkatsu notre souvenir à nous, de nos vacances au Japon.
Le lendemain nous allons faire nos extensions de visas (depuis notre arrivée, nous avons décidé de rester plus longtemps que prévu au Népal), évidemment le Guide du Routard a encore un train de retard : le ministère a déménagé. Pas grave ! Une course en tuk tuk plus tard, nous nous essayons à l’art du Backchich pour obtenir notre extension plus vite: pour 5 euros nous aurons nos visas en 5 min au lieu des 4 heures prévues! Parfait, cela nous libère la journée ! Nous enchainons ensuite avec nos démarches pour trecker (permis de treck et achat de nos entrées dans le parc national de Langtang) et nous rejoignons Patan, l’ancienne capitale du Népal. Pour la première fois nous nous essayons à la « street food » locale: samosas trempés dans du dhal (soupe de lentilles) et autres petites choses frites. Délicieux ! Tout ce qui est frit est normalement sans problème pour l’estomac, nous décidons que nous n’aurons pas de problème. Nous déjeunons à 2 pour 30 centimes d’euros.
Pas mal, notre record !
Nous découvrons ensuite le vieux Patan et le quartier de Durba Square, comme à Kathmandu beaucoup de temples, palais et autres stuppas, sauf que là c’est encore plus beau. Nous visitons le musée de Patan chaudement recommandé par de nombreux guides internationaux et nous ne sommes pas déçus (pour une fois). En effet, outre la beauté des bâtiments, dans un ancien palais, nous apprenons le B.A BA des divinités Hindous. Parfait pour nous, nous nous sentons un peu moins seuls en voyant des statues. Cela nous permet de comprendre la signification des différents symboles et dieux, ainsi que leurs attributs, femme, et animaux fetiches. Difficile de tour retenir, mais Ganesh, Hanuman, Rama, Shiva et Krishna commencent à prendre corps dans notre esprit.
Ce soir là, vrai diner européen: steack, hamburgers, et match de la ligue des Champions. On se sentirait presque à la maison.
Le lendemain matin, nous repartons à l’ambassade de l’Inde. Félicity et Alex qui ont un bus à 13h ne peuvent se permettre de ne pas avoir leurs papiers. Ils sont donc arrivés à l’ambassade à 6h30 pour être les premiers dans la queue. Nous arrivons, Paul, Naomi et nous, à 8h pour les rejoindre dans la queue et en compensation nous leur apportons le petit déjeuner: de vraies pains au chocolat. Après de longues heures d’attentes, devant l’ambassade, puis à l’intérieur avec notre ticket en attendant que le guichet ouvre, puis que les autres numéros passent, nous passons le premier round avec succès : nous avons les documents nous permettant de revenir 5 jours plus tard pour remplir la demande. En attendant l’ambassade d’Inde fait une petite enquête sur nous auprès de la France. Simple comme bonjour… Il est à 11h, nous sortons enfin après 3h d’attente, la journée peu commencer !
Comme nous nous disions qu’un visa en un jour, c’était trop simple, nous partons faire nos visas pour la Birmanie, l’ambassade a elle aussi changé d’adresse mais armés de patience, avec beaucoup de chance et un pas trop mauvais taxi nous arrivons à destination.
Nous usons une fois de plus de notre nouveau mot clé: backchich. Pour 5 euros nous aurons nos visas le lendemain au lieu des 3 jours de délais habituel ! Youpi, ça nous fait gagner beaucoup de temps pour la suite du voyage. Par contre, nous ne pouvons payer qu’en dollars, or nous n’avons que la moitié de la somme demandée… Un ange venu du ciel apparait, un canadien avec des dollars en trop qui se propose de nous les échanger contre des roupies. Merveilleux ! Nous prenons soin de noter l’adresse de l’ambassade pour éviter d’être a nouveau perdus.
Nous partons découvrir Kirtipur, un petit village à 6 km de Kathmandu en haut d’une colline. Aucun touriste ! Après un déjeuner calqué sur celui de la veille, nous découvrons les petites ruelles pleines de charme où l’on pourrait être transposé au siècle dernier. Le temps semble s’être arrêté. Les femmes étendent leur linge, trient des lentilles grâce à de grand tamis, des animaux déambulent dans la rue, des poules se reposent sur des statues de Buddha.
Nous découvrons des fleurs de Noël, qui ici ne sont pas en pot et vendues chez Ikea, mais mesurent plusieurs mètres et s’apparentent à des buissons.
Nous retrouvons pour diner Paul et Naomi, et nous dinons dans un vrai resto népalais/indien, dans une petite rue à l’écart avec des prix bien plus raisonnables. Les autres clients sont tous du coin toujours un bon signe.
Mardi, nous récupérons nos visas birmans et partons découvrir l’autre ancienne capitale du Népal Baktapur. Là aussi un Durba Square avec de magnifiques, temples, stuppas, fontaines, jardins et autres palais, nous nous perdons dans les petites rues.
Nous visitons un temple et nous nous faisons « bénir » par un moine. Nous voilà donc avec un gros point rouge entre les 2 yeux, ce qui fait bien sourire les passants. Nous découvrons des femmes filant la laine comme dans les contes de Grimm, tamisant leur millet ou bien fabricant des poteries comme au moyen âge tout à la main.
En revenant de Baktapur, nous décidons de tirer de l’argent. La transaction est faite mais aucun billet ne sort… AHAHHAH
Nous dinons à nouveau dans notre petit resto népalais pour notre dernier soir avec Paul et Naomi, que nous reverrons peut-être, sait on jamais, en Amérique du Sud…
Comme nous ne savons pas si nous avons été victime d’une arnaque à la carte bleue, ou si le distributeur était réellement vide, nous nous rendons ensuite au poste de police le plus proche pour avoir un rapport de police au cas où pour notre assurance. Comme nous ne sommes pas au bureau de police pour touristes, on ne veut donc pas s’occuper de nous, mais il est 10H du soir et le bureau pour touriste est fermé… Ils sont pourtant plus de 10 policiers à attendre que le temps passe… Finalement après supplications, on nous dit d’attendre le chef qui est occupé. On demande combien de temps? On nous répond « il est occupé ». 10 min plus tard le chef sort de son bureau en rigolant accompagné de jolies jeunes femmes… Rebellotte, on lui explique la situation, il ne veut pas s’occuper de nous, Anaïs se met pratiquement à pleurer, et là finalement c’est bon…. Le chef se détend quelque peu quand il commence à nous parler de Zinédine Zidane, son joueur de foot préféré ! Merci Zizou ! Nous remplissons notre petit rapport, qu’il accepte de signer après bien des réticences.
Après beaucoup d’appels téléphoniques à notre banque en France (qui n’est pas responsable et ne peut rien faire – à quoi ça sert de payer une assurance de carte bleue alors??), et à la banque népalaise, nous apprenons que c’était juste un distributeur vide et que notre argent nous sera rendu. C’est chose faite 10 jours plus tard ! OUF !










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huuuummmm ca me confirme que ca a l’air génial (les frayeurs en moins) veinards… vive zizou !