De Shiripuno, nous rejoignons en bus la petite ville de Baños.
Dans le bus, un homme complètement saoul empêche une petite fille de sortir (elle revient de l‘école). Il est endormi à moitié assis à moitié debout et lui bloque le passage, il faudra se mettre à plusieurs pour le réveiller. Il se réveille le temps de la laisser passer puis se rendort dans la même position juste à côté d’Anaïs.
En raison des tournants, il finit par s’écrouler sur les jambes d’Anaïs qui n’apprécie pas vraiment. Impossible de le réveiller! Le chauffeur est obligé d’intervenir. Et le voilà maintenant écroulé au sol ronflant de plus belle. Quelques virages plus loin sa tête tombe dans l’escalier du bus… Rien n’y fait, il dort toujours. Quand c’est finalement l’heure de descendre, son ami le traine jusqu’en dehors du bus en le tirant par les bras. Notre ami s’écroule par terre et continue sa nuit sur le bas côté! Tous le bus est hilare mais soulagé qu’il soit enfin dehors.
Nous arrivons finalement sains et saufs. Baños est une petite ville thermale comme son nom l’indique, plantée dans une vallée et entourée d’immenses montagnes. C’est aussi une ville prisée par les touristes pour ses activités de plein air.
Notre objectif est de faire une grande ballade en vélo dans les gorges environnantes. Mais le temps n’est pas au beau fixe et nous décidons de nous reposer. Notre hôtel est très sympa mais cela nous semble très étrange, après notre courte immersion amazonienne, d’être entouré de touristes anglophones qui parlent très fort et se croient chez eux. On se sent un peu en décalage, peut-être est-ce aussi car nous ne buvons pas de bière…
Malgré le temps maussade, nous décidons de profiter de l’attraction de la ville: les bains thermaux et choisissons de nous rendre aux bains municipaux. Les termes de la Vierge sont les termes à la fois utilisés par les locaux et par les touristes. Se mélangent donc maillot à fleurs, bikini dernier cri, et maillots de grands mères. La majorité des gens sont néanmoins équatoriens. Tous les âges se mélangent: des jeunes qui sont là pour draguer et apprendre à nager (à 18 ans!), des familles, mais surtout beaucoup de personnes âgées. Le maitre nageur dispute les couples qui s’embrassent trop goulument, les mamies rouspètent après les groupes de jeunes, les enfants jouent avec des bouées, une vraie piscine municipale!
Il y a néanmoins une particularité, les femmes en maillot se ressemblent toutes, mais une fois rhabillées, on reconnait les équatoriennes avec les habits traditionaux! Chapeaux, nattes infiniment longues et encore humides, multiples jupons, après le bain, la vie reprend son cours.
D’une petite gargouille s’échappe de l’eau chaude. Une vieille dame bouche l’arrivée d’eau avec sa main et dit à Emmanuel d’approcher: « c’est bon pour la peau« . Il met donc sa tête sous la gargouille, la dame relâche sa main et il se retrouve recouvert d’eau et d’un liquide jaune orangé (un concentré de minéraux se relâchant dans les eaux thermales). La vieille dame est fière de son coup et ne s’arrête plus de rire, très contente de sa blague. Elle recommencera avec un petit garçon qui passe par là.
Emmanuel profite aussi de Baños pour regarder les quarts de finale : Allez l’Espagne!
A notre hôtel, nous croisons Shira, avec qui nous avions fait notre croisière aux Galapagos, ainsi que Victor et Sean. L’Equateur n’est pas très grand!
Shira part dans la même direction que nous pour Latacunga. Nous la retrouverons certainement là bas, puisque nous avons choisi le même hôtel!
Nous prenons donc le bus vers le nord en direction de Latacunga. Notre ami Matthieu nous avait prévenu, c’est hideux. Mais une fois passés les faubourgs de la ville, la ville est plutôt mignonne et moins horrible que nous l’imaginions. Cela tombe bien nous allons y rester quelques jours. Les raisons de notre venue malgré ces mauvais commentaires? Le Cotopaxi, la lagune de Quilotoa et le marché de Saquisili.
Emmanuel veut depuis des mois de gravir un volcan et ici s’élève l’objet de ses rêves: le Cotopaxi qui culmine à quasi 6 000 mètres. Mais ceci est une histoire à part entière et nous y reviendrons dans le prochain post.
En attendant, nous décidons de nous rendre à la lagune de Quilotoa, en compagnie de Shira avec qui nous passons 2 jours à rire et à discuter. La lagune est un cratère de volcan auquel nous accédons après une longue descente dans les graviers et le sable. Nous le savons la remontée sera dure. Une fois en bas, la vue est magnifique et la lagune change de couleur en fonction des rayons du soleil. Pour la remontée, Shira n’hésite pas, elle loue les service d’un cheval, c’est tout de suite plus simple de remonter. Emmanuel remonte comme une flèche, entrainement pour le Cotopaxi! Anaïs souffre un peu plus, l’altitude rend la remontée « breathtaking »!
En chemin, Emmanuel croise 3 touristes, dont nous tairons la nationalité, qui lui demande s’il sait ce qu’est une « mula ». Oui un animal croisé entre un cheval et un âne. Les touristes lui répondent sur la défensive: « bien sur qu’on sait ce qu’est une mule! Mais ici on nous a dit qu’il y avait un téléphérique qui s’appelait mula ». Emmanuel explique qu’il doute qu’il y ait un téléphérique mais qu’il y a bien des mules à louer pour remonter et repart hilare devant ces touristes circonspects!
Le retour est folkorique, nous prenons un premier bus qui s’arrête une heure pour une raison inconnue. Nous voulons découvrir des ateliers de peintre mais le chauffeur nous dépose au mauvais endroit. Ceci nous permet de demander notre chemin à une charmante hôtesse d’estancia. Sa maison d’hôte est magnifique, nous resterions bien quelques jours, mais son mari contre quelques dollars est prêt à nous emmener aux ateliers recherchés. Après une courte visite et quelques emplettes, nous attendons le prochain bus sur le bord de la route assis sur une bombonne de gaz qui traine. Le bus arrive, nous demandons s’il va à Latacunga, oui bien sur. C’est parti! Mais avant le chauffeur, nous demande : « et votre bouteille de gaz? » Euh non c’est pas à nous…
Le lendemain, nous nous rendons à un marché traditionnel. Nous n’avions pu faire le marché d’artisanat d’Otavalo, nous nous rattrapons avec un vrai marché rien que pour les locaux dans un petit village près de Latacunga. Sur place, cela grouille de monde. Cette partie de la Sierra, nous montre l’Equateur profond, plus de la moitié des gens portent leurs costumes traditionnels avec vêtements aux couleurs vives et chapeau pour les hommes et les femmes.
On vient y acheter ses fruits et légumes, ses plantes, ses meubles, ses vêtements, mais aussi sa viande. Il y a donc plein de poules, brebis (vivantes), mais aussi des cochon d’inde bien dodus à vendre. C’est en effet, une des spécialités culinaires de l’Equateur. Le prix n’est pas exorbitant: 4 dollars. On nous explique comment le choisir mais aussi comment le cuisiner. C’est agréable de parler la langue des locaux car à chaque fois que nous rencontrons quelque chose de nouveau et d’inattendu nous pouvons poser des questions et comprendre. Ce qui est encore mieux avec les sud-américains et que dès que le contact est noué, on pourrait parler des heures!
Puis directions notre dernière étape avant de rejoindre le Pérou: Cuenca, le joyau de l’architecture équatorienne. Anaïs est un peu déçue, la ville n’est pas à la hauteur des villes boliviennes ou péruviennes qu‘elle avait visité quelques années auparavant. Malgré tout la ville est pleine de charme, et nous y passerons 2 jours à arpenter la ville, découvrir ses petites rues, marchés, et églises.
Nous découvrons aussi un musée intéressant avec la nouvelle passion d’Emmanuel: les têtes réduites des fameux indiens Jivaros. Un petit aparté histoire s’impose donc ! Nous en bons européens conquérants passons notre temps à nous battre pour des terres et des ressources, mais ce ne fût pas le cas pour les indiens d’Amazonie qui eux se battaient pour s’emparer des forces et de l’esprit de l’ennemi (et certainement autre chose, mais nous ne savons pas quoi). Par ailleurs cela leur permettait de se venger pour tous les maux réalisés par ces ennemis (meurtres entre autres). Une fois vaincus, les guerriers étaient décapités et les têtes étaient ramenées comme trophées. Se produisait alors un long rituel, qui selon les croyances, permettaient de posséder l’âme de sa victime et de sa force. En revenait alors une protection contre toute revanche du camp adverse. En effet, l’ennemi alors tué, pouvait devenir une âme vengeresse. Il leur fallait donc absolument coudre la bouche de ses têtes afin que l’âme ne puisse en sortir et accomplir des nouveaux méfaits. Le résultat est saisissant, la mini-tête ressemble terriblement à ce que devait être son propriétaire … coupe de cheveux avec !!
Techniquement, le procédé était le suivant : La tête est vidée, les os sont retirés, la tête était cuite à via des cendres et de pierres chaudes, fourrée de sable, cousue et remise en forme. Ce n’est qu’ensuite que les “nouveaux propriétaires” de ses têtes se présentaient avec ces mini-têtes d’hommes vaincus autour du cou. C’est cette dernière vision qui terrifia les conquérants espagnols et créèrent les légendes qui traversèrent l’océan et titillèrent les collectionneurs de bizarreries. L’histoire ne dit pas si cela leur servit à défaire les conquistadors, mais ces tribus restèrent craintes et invaincues !
Cuenca est aussi pour nous, l’occasion de profiter une dernière fois des fruits tropicaux délicieux. Pour seulement 2 dollars, on nous sert une énorme salade de fruits: papaye, ananas, mangue, fraise… Un régal!
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