Nous atterrissons dans l’après midi à Alice Springs en plein milieu du désert australien. Et là c’est le choc, nous arrivons dans une petite ville fantôme, où tout est fermé ou presque, pleine d’aborigènes saouls et sans abris. Ça nous laisse une impression un peu étrange. Ces gens là n’ont-ils pas de maison? Pourquoi sont-ils tous saouls à 5h de l’après-midi, alors qu’il y a partout ces étranges panneaux dans la rue: interdit de boire de l’alcool sur la voie publique?
Nous décidons de ne pas perdre de temps dans cette ville où il n’y a rien à faire et louons une voiture pour une journée pour nous rendre dans les Mac Donnels Rangers, une chaine de montagne à l’est d’Alice Springs. Et c’est parti pour 200 km dans l’outback dans notre petite Toyota Yaris.
Nous sommes seuls sur la route, mais nous avons pour objectif de ne tuer aucun kangourous. Les malheureux ne connaissent pas le sens de la priorité. Heureusement, ils sont moins nombreux qu’à Kangaroo Island.
Une seule radio capte: de la country! Nous sommes dans l’ambiance. A travers cette journée, nous ferons connaissance avec les paysages de déserts rouges et de montagnes arides, un avant goût de notre tour de 3 jours pour le reste de l’outback….
Nous avons, en effet, décidé de passer par un tour opérateur aux prix imbattables pour découvrir le centre rouge: la montagne sacrée d’Ulruru, les Olgas et le Kings Canyon… On verra bien le résultat, nous avions été agréablement surpris sur la cote est.
Nous partons donc le lendemain dans un bus avec 20 autres personnes et une guide hyperactive qui n’a qu’une envie nous faire passer un bon moment. Nous partons à l’aube avec un grand soleil, ça s’annonce bien.
Mais pendant le trajet qui nous mène à Ulruru, le temps se met à changer et la pluie se met à tomber averse. Anaïs a failli emmener sa veste de pluie, mais quand Emmanuel lui a rit au nez en lui disant que nous partions dans le désert, elle l’a enlevé de son sac. Et bien, elle n’aurait pas du!
Nous arrivons donc à notre campement, tous un peu dépités par le temps, et nous mettons à préparer notre déjeuner (nourriture fournie par le tour mais à nous de le préparer). On se répartit les taches, Emmanuel donne a un jeune acolyte hollandais un concombre et lui demande de le préparer pour les sandwichs pendant qu’il prépare les tomates.
Et là Emmanuel manque de s’étouffer de rire, quand le jeune hollandais de 17 ans lui dit très sérieusement: « Comment faut-il faire? » Il n’a en effet, jamais épluché ni coupé de concombre de sa vie. Quand la guide 10 min plus tard arrive et lui « oh t’aurais pas du t’embêter à l’éplucher » il répond d’un air désespéré « mais on m’a dit de faire comme ça! » C’est pas grave mon petit, ça sera bon quand même.
En préparant le déjeuner, on s’aperçoit très vite qu’il n’y a pas assez pour nous tous. Ça commence à grogner, sans compter que nous sommes 6 français. Et en matière de grogne et de critiques nous sommes champions, et quand il s’agit de manger, on ne rigole plus. Mauvais signe pour le reste du voyage! Quelqu’un ose dire à la guide que ça va faire juste pour tout le monde, et elle nous rigole presque au nez en nous traitant d’ogre. N’empêche qu’il n’y a pas assez…
Et là on découvre la vie en groupe, ceux qui n’en prennent pas trop pour être sur que tout le monde ait suffisamment, et ceux qui se bourrent le plus vite possible pour manger au maximum sans penser aux autres. Nous avons 2 spécimens hollandais, qui iront même jusqu’à piquer de la nourriture prévue pour le lendemain, pour être sur eux, d’avoir suffisamment. Pathétique!
Après ce frugal déjeuner, nous partons pour les Monts Olga. De magnifique montagnes rouges arrondies par l’érosion, mais dont la beauté est un peu affaiblie par le temps affreux et la pluie. Malgré tout, nous entamons la marche de la Vallée des vents bon an mal an. 4 heures de marche un peu humides mais néanmoins époustouflantes.
Malgré la pluie nous marchons avec les mouches…. Petit désagrément du centre de l’Australie, les mouches sont partout, si bien qu’Anaïs et bien d’autres se sont procurés une « mouch’tiquière » petit filet à mettre sur la tête pour éviter qu’elle ne s’approche de votre visage. Non non nous ne faisons pas les chochottes, nous avons en permanence plus d’une cinquantaine de mouche sur ou autour de nous! Anaïs a même failli en avaler une par le nez…. grrrr
Nous remontons dans le car gelés et trempés, direction Ulruru, la montagne sacrée des aborigènes, pour le coucher du soleil. Nous avons un programme à suivre et ce n’est pas la pluie qui va nous en empêcher! Résultat: le plus moche coucher de soleil de notre vie, tout est gris, rien ne ressort, on se demande pourquoi l’on reste là à attraper froid. Heureusement, nous faisons plus ample connaissances avec 2 danoises du groupe (bien plus intéressantes que celles rencontrées à Fraser Island ) avec qui nous rions de notre malheur. Le second degrés, ça aide dans les situations désespérées…
En rentrant notre guide, nous achève en nous annonçant que demain nous ne pourrons surement pas nous rendre au Kings Canyon, la route étant coupée à cause de la pluie. La grogne générale monte. Le sort est contre nous… Y a rien à faire!
Pour diner, nous avons tous très faim et attendons avec appréhension le diner. Heureusement, c’est copieux (nos amis hollandais se resserviront 3 fois) et le sourire revient sur les lèvres. Après diner, nous passons la soirée à discuter avec nos amies danoises de voyages et de la Nouvelle Zélande où elles ont passé 3 mois et où nous nous rendons ensuite.
Le lendemain, le temps s’arrange, nous nous levons à 4h30 du matin pour voir le lever du soleil sur Ulruru. Cette fois-ci, la montagne sacrée est bien rouge et chatoyante, mais les conditions de prise de vue ne sont pas encore idéales, nous attendrons le soir. On ne s’est malgré tout pas levé pour rien!
Après cela nous entamons le tour de ce symbole de l’Australie et allons au musée pour en apprendre un peu plus sur les aborigènes.
Anaïs surprise de n’en avoir vu aucun à part des sans abris éméchés à Alice Springs demande à un Ranger des explications. Apparemment, ils ne sont pas habitués à travailler de par leur tradition et préfère vivre du chômage (qui est plus généreux que pour le reste des Australiens). Aux environs d’Ulruru se trouve une réserve où vivent encore des aborigènes. Ils ne perpétuent leurs traditions que pour les transmettre à leurs enfants et vivent comme tout le monde. Pour lui, c’est une civilisation qui s’éteint doucement.
Comme nous ne pouvons partir à Kings Canyon, nous passons l’après midi à nous occuper comme nous le pouvons. Notre guide entame des jeux. On se croirait en colo…
Nous retournons finalement voir le coucher du soleil avec une partie de la troupe. En attendant le moment fatidique, nous organisons une séance photo, et sautons tous ensemble pour immortaliser l’instant.
La guide nous apprend au diner, que finalement c’est bon, nous pouvons partir pour Kings Canyon le lendemain, la route est réouverte! Ouf! Le sourire revient sur les lèvres. Nous finissons la soirée en jouant aux cartes avec nos amies danoises.
Le lendemain rebelotte, nous nous levons très tôt, pour pouvoir rattraper le temps perdu. La ballade autour du Kings Canyon est torchée en 3h pour pouvoir respecter le timing… Grrrr
Au début le Canyon ne nous impressionne pas plus que ça, mais au fur et à mesure que nous avançons, nous commençons à sentir la grandeur du lieu et nous n’en pouvons plus d’appuyer sur la gâchette de l’appareil photo!
Au fur et à mesure du voyage, nous apprenons que tous les gens autour de nous sont plus jeunes… Mais surtout que nous sommes les plus vieux! Tout le monde a entre 17 et 25 ans. Certains sont nés dans les années 1990, on croyait que ça n’existait pas, les gens nés après 1989… Mince alors! Ceci porte un coup au moral d’Anaïs, Emmanuel s’en fiche puisqu’on nous dit qu’on ne fait pas notre age!
Lors du voyage du retour, la guide qui conduit le bus, a l’air soudain paniquée, la pédale d’accélérateur vient de se bloquer. Impossible de ralentir… Elle demande de l’aide aux deux garçons devant: Emmanuel et un jeune italien, mais impossible rien y fait. Nous sommes donc condamnés à conduire à 100km heure. Oups… Le problème, c’est qu’elle ne sait comment arrêter le bus. La manœuvre qu’elle envisage de faire menace de tuer le moteur et nous avec…
Emmanuel demande à tout le monde de mettre sa ceinture de sécurité mais personne ne le prend au sérieux. Il est obligé d’insister pour que tout le monde se rende compte de la situation… Grand silence dans le bus. Puis, il guide la guide (héhé) dans sa manœuvre, le bus ralentit et finit par s’arrêter sans dommage sur le bord de la route. Avec le jeune hollandais, il inspecte la pédale d’accélérateur qui était bloquée par la visse dévissée du ralentisseur. Une fois revissée tout rentre dans l’ordre. C’est tout de même fou, qu’une agence laisse partir 20 personnes avec une guide ne sachant pas comment réagir en cas d’urgence!
Anaïs qui bien entendu s’était déjà imaginée le pire est très fière d’Emmanuel, il est fort son copain, il a sauvé la vie à 20 personnes… Bon d’accord, elle exagère peut être un peu. Mais quand même!/p>
Nous revenons donc tous indemnes de ce tour qui ne nous aura pas épargné: pluie diluvienne, régime forcé, quasi accident… que d’aventures en seulement 3 jours. Quand on voyage tout seul, c’est plus reposant!
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Les aborigènes dans l’outback australien est un problème de toujours. nous parlos beaucoup de l’apartheid qui a eu lieu en afrique du sud, mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il s’est passé la meme chose en australie entre les colons et les aborigènes. jusqu’en 1983, les aborigènes devaient demander l’autorisation a la “mairie” de leur village pour avoir le droit d’acheter vetement et chaussures. leur mode de vie est completement différent de celui que l’on essaye de leur imposer. ils fonctionnent sur le mode de vie en communauté, comme les tribues indiennes en amérique. ce qu’il faut savoir également c’est que dans les années 60-70, les enfants etaient retirés de leur familles afin d’etre évangélisés et etaient élevé dans des internats ce qu’ils appellent la génération volée(comme dans le film Australia). enfin, pour le problème d’alcoolisme, il faut savoir que les aborigènes ont une prédisposition génétique à la dépendance à l’alcool. de ce fait, des qu’ils consomment de l’alcool meme en petite quantité, ils se retrouvent pris dans un engrenage et deviennent rapidement alcoolique. ainsi, dans certaines petites villes de l’outback australien, l’alcool est totalement interdit de vente…
en tout ca bravo pour ce site qui fait rever..
On ne compte plus son âge … tout de même nous étions avec une jeune fille de 13 ans plus jeune !!!
Nous avons plutôt sauvé un moteur que 18 jeunes gens, mais ceci dit, le resto du soir même n’a pas couté très cher à Emmanuel !!
J’rigole quand j’vois ou j’crois voir A&E s’apercevant qu’ils sont les + vieux.
J’rigole encore + quand l’expérience de “vieux” routards/routiers permet à Emmanuel d’épargner une fin tragique à ces 18 jeunes gens inconscients. C’est bô, c’est bô la maturité.
Bravo Emmanuel pour le sang-froid dont je te sais capable et là j’rigole pas.
Malgré les nombreuses tours, nous n’avons pas croisé King… Une prochaine fois, peut-être!
Les superlatifs seraient superfétatoires au vu de ces clichés et récits merveilleux qui nous font bien ressentir le vécu de vos aventures ! Votre passage à Hong-Kong m’aura au moins appris que c’était une ville. J’étais persuadé qu’il s’agissait du frère puiné de King-Kong… (bof…) Alors, vite à vous lire. Bon vent !