Après un vol Auckland-Santiago, 4h d’attente à l’aéroport, puis un vol Santiago-Ile de Pâques nous voilà enfin arrivés! Cette journée sera la plus longue de notre voyage et probablement de notre vie. En effet, nous partons de Auckland le samedi 9 mai à 16h et arrivons (à Santiago)le même samedi 9 mai à 12h, autrement dit nous sommes arrivés avant d’être partis! Chose étrange que le décalage horaire !
Enfin, nous y sommes sur cette île dont le nom fait tant rêver… On l’appelle communément Ile de Pâques, car elle fut découverte un jour de Pâques, mais se dit Rapa Nui en Pascuan, la langue des habitants de l’ile.
Cette ile a une ambiance spéciale de par tous les mythes qui l’entourent. Entourée de plus de 3500km d’océan, d’où sont venus ses habitants? Indiens d’Amérique? Asiatiques? Polynésiens? D’où viennent et que représentent les célèbres statues de l’ile: les Moais? Comment ont-ils été fabriquées et transportées?
Autant de questions qui ont amplifié le mythe. Les réponses sont nombreuses et parfois farfelues (intervention extraterrestre…).
Finalement, ce que l’ont sait sur l’ile de Pâques c’est qu’elle a été peuplée par les marquisiens (leur langue ressemble fortement au pascuan). Comment sont-ils venus? Les polynésiens sont venus d’Asie, ont peuplés l’Océanie et une délégation marquisienne est arrivée jusqu’ici. Les polynésiens étaient de très grand marins et savaient déjà construire des énormes catamarans prévus pour de longs voyages. Aujourd’hui les tahitiens et les pascuans sont capables de se comprendre, donc pas de doute, les origines pascuanes se trouvent bien en polynésie.
Nous qui nous croyons arrivés en Amérique du Sud, sommes toujours bel et bien en Océanie.
Lorsque nous posons la question à un ranger s’il se sent Chilien. Oh que non, il est Rapa Nui, un point c’est tout. D’ailleurs, quand nous lui posons la question combien d’habitants sur l’ile, il nous répond 1 800 son chiffre diffère du Lonely Planet. Nous comprendrons plus tard, qu’il fait la distinction entre les Pascuans et les Chiliens habitants sur l’île. Et seuls les Pascuans entrent dans son décompte, le décor est définitivement posé !
Dans tout cela, il en oublie les autres étrangers, majoritairement français, qui sont très nombreux à habiter ici. Pourquoi? Sans doute la proximité entre Tahïti et l’ile de Pâques. La plupart sont venus pour voir, ont rencontré une femme et ne sont jamais repartis!
A l’aéroport, nous attend donc Antoine, notre hôte français. Nous avons choisi une chambre d’hôte bien négociée pour ces 5 jours. Nous sommes un peu en dehors du village mais nous avons le confort et une vraie salle de bain, un luxe après 1 mois de camping car.
Après une bonne nuit de sommeil, nous commençons par visiter le village de l’ile (le seul) et le sud de l’ile.
Nous apercevons (enfin) nos premiers Moais, ils sont gigantesques! Ces statues sont censées représenter les ancêtres, et étaient édifiées par chaque grande famille de l’île sur son territoire. Elles étaient ensuite adulées. On suppose qu’il y eu des guerres entres les grandes familles de l’île qui amena à la fin de la vénération des Moais et qu’ils furent tous renversés pour mettre fin à ce culte.
Puis nous montons à travers la foret, par une belle ballade de deux heures avec vue sur toute l’ile, jusqu’au cratère du volcan Rano Kau. C’est tout à fait fidèle à la description du Lonely Planet, cela ressemble énormément à un chaudron de sorcière. C’est magnifique!
Une particularité de l’ile, dès qu’on commence à marcher un chien nous suit. Pendant toute notre ballade vers le site, nous serons suivi par un puis 2 chiens puis 3 chiens. Ils se disputent même entre eux pour savoir qui a le droit de nous accompagner. Emmanuel veut évidemment les ramener tous à la maison!
A flanc de cratère et en de la mer, se trouve le site d’Orongo, un village cérémonial. Quand le culte des moais a disparu (et oui on commence par la fin!), il a été remplacé par d’autres croyances, dont celle de l’homme oiseau. Chaque année avait lieu sur l’ile une course à laquelle participait un homme de chaque famille de l’ile. Le principe: se rendre jusqu’à une petite ile au large de Rapa Nui et en rapporter l’unique œuf d’un oiseau : le manutara ou appelé sterne de par chez nous. Évidemment, ce n’était pas sans danger. De forts courants, une compétition acharnée entre les différents participants (pouvant aller jusqu’à la mort) et parfois une longue attente, car il fallait réussir à trouver l’œuf si par chance, il avait été pondu en temps et en heure ! Le premier a revenir avec l’œuf, remportait le pouvoir sur l’île pour l’année. Il devenait l’équivalent d’un demi dieu, et le chef de cette famille prenait le pouvoir sur l’ile.
Pour cela, un village cérémoniel avait été construit pour recevoir les prêtres qui supervisaient le tout. Ce village a une architecture très particulière, liée aux conditions météo extrêmes, notamment du vent. Les maisons sont petites et enterrées dans le sol avec de toutes petites ouvertures pour conserver la chaleur. Nous découvrons aussi nos premiers petroglyphes liées au culte de l’homme oiseau: des dessins sculptés sur des roches.
Puis nous redescendons à travers champs vers le village, accompagnés de nos fidèles amis les chiens, et attendons le coucher du soleil sur un des sites. Le coucher du soleil n’est malheureusement pas à la hauteur de nos espérances mais son attente nous permet de nous détendre après cette longue journée (nous sommes encore un peu sous le choc du décalage horaire) et pour nous amuser avec les moaïs. Anaïs en profite pour embrasser son premier moaï.
Le soir nous nous dirigeons au supermarché, le niveau de vie sur l’ile étant chère, nous nous faisons à manger. Mais là, le choc, le supermarché ressemble plus à une épicerie et surtout elle est vide! Il n’y a pas grand chose et tout est extrêmement cher. Nous comprenons bientôt qu’il faut faire 5 « supermarchés » pour pouvoir faire correctement ses courses et encore… Chaque chose doit être importée du continent et les prix s’en ressentent fortement. Pas facile de vivre isolés.
Le lendemain matin, nous découvrons le musée de l’ile. Un des meilleurs musée de notre voyage, tout y très bien expliqué, comment les polynésiens arrivèrent jusqu’ici, et donnent des hypothèses quand à tous les mystères de l’ile.
Nous avons bien potassé sur le sujet grâce aux parents d’Anaïs et au très intéressant livre « Effondrement » de Jared Diamond (qui raconte pourquoi et comment des civilisations se sont effondrées) mais nous nous sentons quand même désemparés face à ses statues chargées d’histoire et de mythe et nous choisissons de prendre un guide pour 1 journée et demie. Grand luxe!
Habituellement et selon une récente découverte, les moaïs sont positionnés aux frontières de chaque clan / village. Pourquoi? A priori pour protéger les villages via leur regard bienveillant. Notre guide nous emmène découvrir les seuls Moais semblant déroger à la règle en regardant vers la mer et non vers les terres (leur territoire). Ces 7 moaïs représentent les messagers du roi qui fit peupler l’ile. Ce roi vit en rêve l’ile de Pâques et envoya 7 messagers pour la trouver. Une fois trouvée, il partit y vivre avec ses citoyens et ils formèrent la première colonie. Selon la légende donc, les 7 Moais représentent les messagers qui regardent (avec nostalgie) l’ile d’où ils viennent. Autre version, lors de leur restauration par une équipe d’archélogue ils auraient du être un peu plus inclinés (vers le bas) ce qui aurait dirigé leurs yeux vers un village en contre-bas en offrant leur protection à celui-ci.
Nous visitons aussi la carrière de chapeau des moais, taillés dans une autre pierre que celle des statues, d’une belle couleur rouge. Ils sont énormes et pèsent plusieurs tonnes. Ils ont été abandonnés là, et sont posés un peu dans tous les sens comme après une journée de travail achevée.
Puis nous découvrons des grottes où vivaient les pascuans. Se sont des grottes naturelles faites dans des tubes de lave vide.
Notre guide, nous donne aussi beaucoup de précisions sur la vie des pascuans. A l’arrivée des colons européens, ils ont été évangélisés et on s’en est servi d’esclaves dans les mines du Pérou. Peu à peu certaines branches de l’île ont complètement disparus (notamment les maoris (!!) qui connaissaient une langue: le Rongo Rongo perdue pour toujours) et la langue pascuane mourrait a petit feu. Lorsque l’ile est récupérée par les chiliens, ils décident de louer l’ile à une entreprise de lainage anglosaxon qui fait paitre ses moutons partout sur l’ile. La aussi les habitants de l’ile sont parqués et sont quasiment considérés comme des esclaves. Finalement dans les années 70, ils sont vraiment reconnus comme des chiliens et obtiennent pour la première fois leur carte d’identité. Puis des étrangers viennent s’intéresser à l’ile et le travail d’archéologie commence (aujourd’hui encore très peu a été découvert et été expliqué). Les pascuans comprennent alors l’importance de leur patrimoine et se remettent à parler leur langue. Il y a peu de temps, le gouvernement chilien a reconnu que les terres des pascuans leur avaient été volées et a donc redonné à chaque pascuans majeur une partie de l’île. Les choses s’améliorent donc, mais pour éviter que des investisseurs malintentionnés ne déforment l’ile, seuls les pascuans ont le droit de propriété sur l’île. Et donc tous les étrangers faisant du business sont mariés à un ou une pascuan(e).
Nous sommes abasourdis par ce que nous venons d’entendre, et que leur statut ait mis si longtemps à être reconnu.
Le guide rentre ensuite au village, nous décidons de rentrer de notre côté à pied. Nous découvrons d’autres sites par nous mêmes. C’est grandiose! Il n’y a personne, les paysages sont superbes et les sites sont complètement abandonnés. Seulement quelques sites de l’ile ont, en effet, étaient restaurés et pour tous les autres, les Moiais sont dans la même position que depuis la chute de cette civilisation. Ils sont renversés tête contre terre, parfois coupés en morceau à cause de la chute. Et toujours cette multitude de chevaux sauvages.
C’est fou de se dire, que cette ile quand même médiatisée, possède autant de sites qui ne sont toujours pas restaurés.
Nous découvrons ensuite une petite grotte dont on nous avait parlé. La grotte des 2 fenêtres. Nous rentrons dans un trou, et faisons une vingtaine de mètres dans le sol, sans lumière. Pas très rassurant! Et finalement dans la roche, nous débouchons sur un flanc de falaise sur la mer qui est déchainée et avec un superbe coucher du soleil. Comme Indiana Jones et le temple maudit mais sans l’eau qui jaillit.
Puis nous accélérons car il commence à faire nuit. Le chemin pour rentrer et plus long que nous ne l’imaginions.
Une voiture passe, une pascuane nous demande si nous souhaitons vraiment marcher ou si nous voulons monter. Proposition qui ne se refuse pas! Dans la voiture avec elle, 2 amis chiliens qui viennent visiter l’ile. Ils nous demandent ce qu’on fait là. Quand on leur explique qu’en France, l’ile de Pâques fait rêver les gens, ils nous expliquent qu’au Chili, c’est tout le contraire. Les gens ne savent pas où c’est et se demande pourquoi l’on vient là! Notre guide nous expliquera plus tard que pour attirer les chiliens, les publicités parlent surtout de la plage de sable blanc plus que des Moais!
Le lendemain, nous partons de bon matin avec notre guide, et 4 autres touristes: 1 japonais (qui fait le tour du monde en 18 jours – pourquoi pas), une chilienne, et deux français péchus, à la retraite et qui voyagent pour 5 mois (serons-nous comme cela plus tard?).
Nous découvrons plusieurs sites puis arrivons au site majeur: le Rano Raraku, un volcan servant de carrière et où étaient taillés les Moais. Et de loin nous apercevons une foret de Moais, à moitié enterrés, un peu sans dessus dessous. Nous sommes toujours loin mais déjà très impressionnés. Nous avons déjà vu plusieurs Moais mais l’émotion va crescendo, d’abord un moai seul, puis un groupe de moais et ici une multitude dans des positions étranges à moitié enterrés dans la terre. En effet, la carrière a elle aussi été abandonnée du jour au lendemain, de nombreux moais étaient finis, et l’on commençait leur acheminement vers la côte.
D’autres sont encore à moitié dans la montagne pas finis d’être taillés. Il y en a partout dans tous les sens. S’ils sont à moitié recouverts de terre, c’est l’œuvre du temps, qui les a recouvert au fil des années. Encore une fois nous sommes stupéfiés, personne n’a encore été faire de recherche archéologique sur ce site extraordinaire pour voir ce qu’il y avait sous toutes cette terre. Peut-être des indices sur le déclin de cette civilisation.
A l’intérieur du volcan, le cratère est désormais rempli d’un lac et de roseaux, les couleurs sont très contrastées entre le vert et la terre rouge, on ne s’en lasse pas. La aussi nous découvrons dans le haut du cratère une foret de Moais, mais cela ne fait pas partie de la visite guidée, tant pis nous reviendrons.
Nous poursuivons ensuite sur le plus grand site de Moais où sont rassemblés le plus de statues. Époustouflant. On peut voir qu’elles n’ont pas tous le même age, certaines statues sont plus allongées que d’autres, et prouvent que le style a évolué au fil du temps.
Puis dernière étape de la journée, la plage d’Anakena, où se trouve un site particulièrement bien restauré. Tous les Moais ont leurs chapeaux et l’on peut voir les gravures sur les statues représentants leurs bijou et tatouages.
Pour notre dernier jour, nous décidons de louer une petite mobylette et d’en profiter pour voir le lever du soleil. La veille la loueuse a tenu à expliquer à Emmanuel comment se conduisait un scooter 50 cm3. Il a eu beau lui expliquer qu’il avait un scooter bien plus gros, et que dans son pays il y avait beaucoup plus de trafic qu’ici, rien n’y a fait. Entrainement au freinage, comment tourner, phares et même clignotant ! Anaïs regarde en souriant un Emmanuel très patient!
Nous voici donc partis à 7h du matin à 50 à l’heure pour arriver à temps. Comme chaque lever de soleil, la lumière change à chaque instant, et l’effet sur les Moais est magique, cela en est presque spirituel.
Puis, nous retournons au site de Rano Ranaku qui nous avait tellement plu la veille. Normalement, on ne peut entrer qu’une fois avec nos billets, mais la gardienne, nous a fait une fleur en nous disant que nous pouvions revenir tant qu’elle était de garde. Chouette! Le soleil vient tout juste de se lever, nous retournons donc dans le cratère pour nous promener à quelques centimètres des Moais, avec la lumière du soleil levant les statues sont superbes, on ne s’en lasse pas. Nous refaisons donc une visite complète du site pour en profiter au maximum et comme il est encore très tôt, nous avons le site pour nous tout seul ce qui ne gâche rien! Le sourire ne quitte pas nos lèvres, nous sommes vraiment heureux d’être là.
Puis nous repartons en mob’ pour découvrir d’autres pétroglyphes, d’autres sites, revisiter le site d’Orongo et refaire une sieste sur la plage d’Anakena. Nous sommes très heureux d’avoir le temps de revoir toutes ces choses qui nous marquent.
Et voilà c’est déjà fini. Nous venions avec beaucoup d’attente sur cette petite ile. En même temps, Anaïs avait un peu peur d’être déçue par ces statues qui après tout ne sont que des statues et de ne pas sentir la magie dont on parle. Et pour finir, nous avons adoré nos 4 jours, nous nous sommes sentis bien. Nous avons appréciés la sérénité du lieu et aussi sa magie.
Si un jour, vous cassez votre tirelire pour venir jusqu’à Tahïti ou jusqu’au Chili faites un saut à l’ile de Pâques, vous ne le regretterez pas!
Et les photos !!!
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Iorana les amis,
je suis heureux de vous présenter mon site:
http://www.hotel-atavai.com
ca vous rappellera de bons souvenirs
Aroha nui,
Antoine
bonjour,
nous allons sur l’ile de paques en mai pour une semaine … votre guide était bien ? vous nous le conseillez ? vous l’avez pris tout le temps ?
comment vous etes vous déplacé sur l’ile ? à pied ou en scooter ? on hesite un peu ….
peut -on dormir ou on veut en campant ou non ?
si vous avez des info merci !!!!!