Nous arrivons à Mandalay à 6h du matin un peu chamboulés par notre voyage (frisquet et musical). Nous négocions le trajet jusqu’à l’hôtel avec nos amis tuk tuk et finissons avec soulagement notre nuit dans notre chambre.
Une fois réveillés, nous prenons un bon petit déjeuner et planifions méticuleusement la suite des opérations. Malheureusement nos plans seront vite modifiés par les impératifs d’horaires de bateau qui ne vogue malheureusement pas tous les jours comme le guide l’indiquait. On n’a plus qu’à recommencer: pas grave!
Nous avons donc 2 jours à passer à Mandalay avant de prendre notre bateau direction Bagan.
Notre première journée est consacrée aux environs de Mandalay. Avec notre tuk tuk du matin même, nous partons en direction du petit village d’Ava situé sur une presqu’ile. A peine sortis de Mandalay (deuxième plus grosse ville du pays), nous sommes déjà en rase campagne et apercevons des paysages de rizières vert pomme.
Nous traversons la rive en bateau/barque avec quelques locaux et leurs motos et montons dans une carriole pour faire le tour des environs. On s’arrête aux différents temples, en pierre ou en bois, entre deux ballades en carriole.
Nous partons ensuite pour la ville de Sagain qui ressemble à un mini Bagan et où des dizaines de temples sont situés les uns à côté des autres sur une même colline.
Notre chauffeur de tuk tuk pour nous éviter de payer le péage d’entrée reversé au gouvernement, passe le péage à toute berzingue en jetant (littéralement) un backchich à l’officier en place qui lui répond d’un petit salut! Notre tuk tuk nous fait un petit clin d’œil complice, fier de lui.
Nous entamons, sous la chaleur, la montée de la colline pour avoir une vue d’ensemble sur les temples. A mi-chemin nous sommes interpellés par un moine chaleureux. Il fera la suite de la visite avec nous, en nous expliquant l’histoire de cette colline. Il nous pose plein de questions sur la France où il aimerait venir étudier et nous apprend qu’il parle japonais. Quand Emmanuel lui demande comment connait-il toutes ces choses, il lui répond simplement mais très sérieusement: « J’ai 42 ans et j’ai déjà eu plusieurs vies. » On ne s’attendait pas à cette réponse…
Nous nous rendons ensuite à Amarapura et sur le fameux pont Ubein. Nous nous faisons préparer un ananas que nous dégustons sur le pont. Ce pont est le plus grand pont en teck du monde. Chaque jours les birmans l’empruntent pour aller d’une rive à l’autre pour vaquer à leurs occupations mais aussi pour la ballade de fin d’après midi.
Nous sommes arrêtés tous les 10 mètres ou presque par des gens qui nous disent bonjour, veulent nous prendre en photo ou autre, ou nous poser quelques questions. C’est agréable et drôle à la fois, pas du tout lourd comme ça peut l’être parfois en Inde, car personne ne demande rien derrière. C’est juste de la curiosité.
Cette ballade est pour les moines une manière de rencontrer des étrangers et de parler anglais. Nous profitons d’un magnifique coucher de soleil quand 4 jeunes moines entament la discussion. Après une dizaine de minutes, ils nous proposent de venir visiter leur monastère, qui s’avère être un centre d’étude où sont réunis plusieurs centaines de moines. Il nous explique les 10 préceptes du bouddhisme birman avec entre autre « il ne faut pas marche trop vite » Évidemment il y a un sens derrière ceci: marcher trop vite empêcherait de bien méditer…
Notre moine guide n’a pas 18 ans, nous explique qu’il est orphelin et qu’il devenu moine à cette occasion. La plupart des moines de ce monastère ont eu le même destin que lui. Devenir moine leur permet « de rester dans le bon chemin », d’avoir le gite et le couvert, d’avoir une éducation, d’apprendre l’anglais et peut-être un avenir. Dès lors, à chaque fois que nous croiserons un jeune moinillon, nous aurons un petit pincement au cœur.
Nous rentrons ensuite à Mandalay diner dans notre premier resto birman (nous n’avions fait que grignoter nos provision françaises jusque là). Le petit boui boui est délicieux et nous sommes repus pour 3 fois rien.
Le lendemain, nous louons des vélos pour découvrir la ville. Au programme, colline de Mandalay, temples en tous genres, pagodes, ancien palais. Après plusieurs pays parcourus en Asie, les temples sont une nouvelle fois différents et propre au pays. Les pagodes sont souvent recouvertes d’or (ou de peinture couleur or) et les buddhas nous paraissent un peu bling bling, avec souvent derrière eux, des cercles de lumières clignotantes et assez hypnotisantes. Dans les temples, l’on voit beaucoup de carreaux de mosaïque brillante bleue et verte qui ferait dans un autre contexte assez mauvais goût.
A nouveau, au cours de la journée un moine nous propose de nous guider, il nous propose lui aussi de nous éviter de payer le pass de 10 dollars qui revient à l’état. Mais hélas, nous avions déjà du le payer pour accéder à un autre temple.
Nous nous rendons ensuite au deuxième lieu saint de Birmanie. La pagode Mahamuni Il y a foule. A l’entrée un jeune homme nous propose de nous guider, comme ça, pour parler anglais. Il emmène Emmanuel près du bouddha sacré. Servane et Anaïs en tant que femmes n’ont le droit de le voir que de loin… Et le bouddha ne ressemblent plus vraiment à un bouddha… Il est tellement adoré qu’il a été recouvert de milliers de feuille d’or. Résultat: il en est tout boursouflé, le pauvre.
De là, nous décidons de nous rendre dans un temple un peu éloigné. Nous sommes toujours dans la ville, mais on se croirait dans un village, plus que très peu de voitures, que des maisons sur pilotis en bois et des gens partout à discuter devant leur maison. Nous ne trouvons pas le chemin du temple. Après plusieurs arrêts demande de direction, nous savons que nous sommes proches mais ne le trouvons toujours pas. Alors que nous roulons à vélo un homme en mobylette se retourne voyant que nous sommes perdus. Anaïs lui demande le chemin, ni une ni deux, le birman nous demande de le suivre et nous y emmène. Nous nous apprêtons à le remercier mais il descend de sa moto et nous fait visiter le temple. Nous ne lui avions rien demandé… Il est professeur d’anglais et content de le pratiquer. Une fois de plus, nous sommes épatés par la gentillesse des birmans.
Nous repartons à la tombée de la nuit vers le centre ville pour visiter un atelier de fabrique de feuille d’or et de feuille de bambou. Jamais nous n’avons vu un travail aussi atroce. Pour rendre des petits morceaux d’or aussi mince qu’une feuille, des hommes tapent avec un énorme marteau sur un moule où est coincé le petit morceau d’or. Il ne peut le faire que 20 min puis s’arrête pour 40 min en raison de la difficulté du travail (et du bruit qui doit résonner dans sa tête). Il ne travaille que quelques heures chaque jour tellement le travail est pénible.
Sur le chemin du retour nous sommes dans le noir complet. La ville n’a pas de lampadaire, nous sommes dans un pays très pauvre et les seuls éclairages sont les phares des voitures et les quelques feux rouges. Servane se fait presque rouler dessus par un vélo chariot, qui s’arrête enfin après que nous ayons hurlé pendant 5 minutes (un peu sourd le monsieur). Heureusement plus de peur que de mal mais il est temps de rentrer et vite! Nous ne nous sentons pas très en sécurité sur nos petits vélos. Avec le manque de lumière il nous faudra bien 10 min pour nous apercevoir que nous roulons dans une rue à sens inverse!
Une fois les vélos déposés, nous filons à pied cette fois-ci au marché de nuit où nous dégustons dans un petit stand des délicieuses crêpes locales, avec en dessert un gâteau de riz gluant aux cacahuètes!
Le lendemain nous nous levons aux aurores pour prendre le bateau direction Bagan. Une traversée de 7h qui se transformeront en 11h.
Pendant ce long trajet, nous admirons le paysage (un peu monotone), lisons nos livres, discutons, et mangeons nos derniers kinder surprise et les tartelettes au chocolat Bonne Maman.
Nous arrivons (enfin), pour le coucher du soleil et apercevons déjà quelques splendides temples qui nous donnent envie d’en découvrir plus. Mais ça c’est pour demain!
Et les photos !!!
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