Nous arrivons à Phnom-Penh en début d’après midi sous une chaleur accablante. Les tuc tuc nous attendent de pied ferme mais nous refusons toutes les propositions et rejoignons en nage la rue des guesthouses. Nous n’avons rien réservé et les enchainons toutes les unes à la suite des autres pour trouver le meilleur rapport qualité/prix.
Nous trouvons la perle ou presque… Douche froide mais pas grave avec la température c’est plutôt une bénédiction!
Nous sommes tellement assommés par la chaleur, qu’après une bonne douche nous nous installons pour regarder le « 5eme élément » qui passe sur HBO. Nous sommes captivés, ça fait 4 mois que nous vivons sans TV! On pourrait rester scotcher pendant des heures! Et on finit la journée avec pour le gouter au lit un sandwich baguette, héritage colonial français en regardant la TV.
On met quand même le nez dehors pour le diner, et découvrons qu’avec la chaleur, les Cambodgiens vivent la nuit. Tout le monde est dans la rue en train de bavarder, boire un verre ou diner sur des petits tabourets et tables d’enfants devant des stands de rues.
Le lendemain, nous sommes d’attaque et partons découvrir la prison S21 (qui était auparavant un lycée français). La c’est le choc, nous ne connaissons que peu la culture et l’histoire cambodgienne et nous prenons en pleine face les atrocités faites sous le régime de Pol Pot. Nous découvrons cette prison où les opposants au régime étaient entassés dans des conditions horribles et subissaient de terribles tortures pour avouer des crimes qu’ils n’avaient sans doute pas commis. Nous sommes choqués par la violence des actes mais aussi par la date où tout cela a eu lieu: entre 75 et 79. 1 an plus tard Emmanuel naissait, c’était donc avant hier… Et ce qui nous trouble le plus est que la moitié de la population a été enrôlée de force par les Kmers Rouges. Les anciens responsables n’ont toujours pas été jugés (c’est en cours) et la population est composée à moitié d’anciens khmers rouges (les bourreaux) et à moitié de victimes. Comment peut vivre un peuple comme ça? Comment peut-il tirer un trait sur le passé et vivre tranquillement? Comment se dire, ça se trouve c’est mon voisin de palier qui a tué mon père et violé ma soeur…
Nous sommes aussi choqués d’apprendre que tous les dirigeants de cette dictature, qui voulaient créer l’homme nouveau, l’homme des champs (tout intellectuel était persécuté comme ennemi du régime) avaient quasiment tous fait leurs études en France, et avait appartenu au parti communiste français. Comment peut-on dériver comme cela? Quelle image leur avait donné la France pour avoir envie de faire ça?
Tout ceci nous laisse sans voix, la seule note de joie que nous avons pu apercevoir dans ce lieu sont les multiples papillons rouges qui nous ont accompagnés durant la visite.
La vie reprend ensuite son cours, nous partons rejoindre le palais présidentiel qui regroupe de beaux bâtiments Khmers, nous baladons le long de la rivière, et buvons un verre sur une terrasse en profitant du wifi.
Pour diner, nous découvrons par hasard un marché de nuit: une place remplie de petite stands et au centre des dizaines de nattes où dinent assis par terre une centaine de cambodgien. L’ambiance est bruyante et détendue, nous décidons de nous joindre à eux, après avoir fait le tour complet des stands pour choisir notre diner. Nous nous installons comme tout un chacun sur les tapis en tailleur et dégustons de bonnes spécialités.
En rentrant à pied, nous tombons sur un labo photo, parfait nous devons faire des photos pour nos visas du Laos. La propriétaire nous donne le prix que nous acceptons. Son fils de 14 ans nous emmène ensuite dans le « studio » où l’ont peut trouver à coté des décors des vélos et des cartons. Il prend cela très au sérieux et recoiffe Anaïs (en vérité, il dégage juste ses cheveux pour les photos protocolaires) et nous prend tour à tour en photo. Il part ensuite jouer sur photoshop pour reproduire nos photos en plusieurs exemplaires en 4 sec. Nous repartons rapidement avec nos photos qui ne nous ont certes pas couté cher et nous ont bien amusé mais le résultat est désolant, le jeune homme n’est pas très bon photographe et nous a pris « par en dessous » ce qui nous rend très laids!
Le lendemain matin, nous allons faire nos visas pour le Laos a la première heure, trop éprouvés par l’attente de nos derniers visas! Une fois les formalités remplies, nous partons découvrir le marché russe. Un marché typique, regroupant souvenirs du Cambodge, gargotes, marché vestimentaire et alimentaire. Après une courte ballade, nous prenons une moto taxi pour nous rendre dans le centre. Et pour la première fois, nous cédons à la tentation et nous montons à deux derrière le chauffeur et sans casque. Tout le monde fait ça ici, alors pourquoi pas nous? Ils sont mêmes parfois 4 ou 5! Nous arrivons entier et allons découvrir le musée national. Un magnifique musée installé dans un ancien bâtiment colonial français où sont regroupés des trésors d’Angkor et autres statues.
Nous passons le reste de l’après midi à nous ballader dans la ville pour découvrir les « monuments » et les différents bâtiments coloniaux de Phnom-Penh. Nous finissons l’après midi dans le quartier routard au bord de la rivière où nous buvons un verre pour nous rafraichir de la chaleur accablante.
Nous décidons de ne pas attendre nos visas à Phnom-Penh, il y fait trop chaud et nous avons déjà l’impression d’en avoir fait le tour… Nous partons donc dès le lendemain matin pour le sud du Cambodge.







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