Dans le bus qui relie Ajmer à Pushkar, Anaïs se fait alpaguer par un jeune indien. Il a l’air d’avoir 12 ans mais en a apparemment 16 et revient d’une audition pour « la Nouvelle Star » indienne. Son rêve devenir acteur à Bollywood! Il fait du charme à Anaïs et lui dit qu’elle ressemble à une déesse. Pourquoi pas… Mais son personnage de jeune indien de 16 ans est réduit en poussière quand il demande à Anaïs « Quel est ton Power Rangers préféré? » « euh ché pas le bleu » Une vraie question originale, jamais posée!
La principale activité à Pushkar se promener le long des gats. Mais problème… le lac est à sec, plus rien… Il n’y a donc que très peu d’ablutions et de lavandières. Pas grave, nous avons été à Varanasi. La ballade est quand même superbe. Tout est blanc, nous croisons beaucoup de croyants et de dévots. La ville est sainte, la viande y est interdite et il n’est pas possible de s’approcher du lac à moins de 40 pas avec des chaussures, tout objet en cuir (venant de la vache – sacrée) ou avec un appareil photo. Les temples, et les templions sont nombreux dans toute la ville.
Nous passerons nos journées à nous balader, à nous prélasser et à flâner s’arrêtant tantôt pour boire un jus de fruit ou un tchai, tantôt un falafel local (roulé depuis 10 ans sur la même vieille pochette de vinyle des Beatles… Délicieux malgré tout!). La douce torpeur de la ville s’est emparée de nous. A une terrasse (enfin plutôt sur quelques tabourets disposés dans la rue) un vieil anglais portant le costume shivaïste nous dit en soupirant d’aise « what to do ? » autrement dit: que faire? à part rien et regarder les gens passer. On éclate de rire car c’est exactement ce qu’on ressent à ce moment là, sauf que lui … doit être là depuis bien plus longtemps !!
L’envie de ne rien faire et de se laisser vivre. Par hasard, nous recroisons nos amis israéliens rencontrés au Népal, avec qui nous avions marché et que nous avons recroisés à Delhi. Le monde est petit! Mais ce n’est pas tout le lendemain en se promenant nous retrouvons d’autres connaissances à nous: Felicity et Alex avec qui nous avions voyagé au Tibet et au Népal. Incroyable!
Nous passons une partie de la journée à discuter avec eux sur une terrasse au bord des gats.
Reposés de nos 2 jours à Pushkar, nous nous rendons à Ajmer à seulement 20 km. Nous payons nos billets mais le contrôleur n’a pas la monnaie doit revenir plus tard nous dit-il…A l’arrivée, toujours pas de monnaie… Anaïs descend du bus et vient taper sur l’épaule du contrôleur en lui demandant: « vous n’auriez pas oublié quelque chose… » Le contrôleur est tout penaud… “oui oui bien sûr” et rend la monnaie à Anaïs mais pas exacte. Anaïs, qui perd franchement patience, lui montre alors le ticket et le prix du billet comme s’il avait oublié le véritable prix. Il rend finalement la monnaie exacte. On file ensuite déposer nos bagages à la consigne pour la journée, Anaïs demande le prix, puis une jeune femme vient la voir discrètement et lui indique que le vrai prix est à diviser par 2… Ca suffit les petites arnaques! Anaïs remercie l’honnête voyageuse. La journée peut commencer!
La ville contraste totalement avec sa voisine. Pushkar est une ville sainte hindoue alors qu’Ajmer est majoritairement musulmane. L’ambiance y est différente, la vieille ville grouille de monde même si l’on ne voit que très peu de femmes.
Nous nous rendons à la vieille mosquée qui était auparavant un temple hindou. Les Mogols (les musulmans venant d’Afghanistan il y a fort fort longtemps) en arrivant ont partiellement démonté le temple. Ils ont notamment détruit tous les visages des statues, car on ne représente pas de visage dans cette religion mais ont malgré tout gardé les piliers pour construire leur mosquée. Le site est donc très hétérogène.
Puis nous nous rendons au Dargah, le plus grand centre souffiste d’Inde. Cela grouille de monde. Comme on ne peut pas prendre nos sacs avec nous, nous visitons chacun notre tour. Anaïs s’y rend la première couverte d’un voile puis c’est autour d’Emmanuel. Emmanuel en attendant a été pris d’amitié par un Indien qui lui fait une visite privée rien que pour lui. Il fait donc le rituel du Dargah du début à la fin. Il lui faudra donc se couvrir la tête, entrer dans une toute petite pièce pour rendre hommage à un saint homme (surtout ne pas tourner ses mains vers le tombeau, se serait un sacrilège), être bénit en étant recouvert d’une étoffe puis manger un pétale de rose. Très très grosse ferveur dans cette petite salle et énormément fidèles. Le moment fût très intense.
Pendant ce temps là Anaïs assiste à l’arrivée d’un corps au Dargah. La foule se fait beaucoup plus dense tout d’un coup, et elle voit arrivé de loin un cercueil supporté par plusieurs hommes. Toute cette foule compacte se rend ensemble à l’intérieur du lieu sacré.
Nous concluons notre visite d’Ajmer par une rapide visite du fort qui n’a pas grand intérêt mais qui renferme quelques sculptures de toute beauté.
Puis nous rejoignons notre bus pour Jaipur à 3h d’Ajmer. A la gare de bus Anaïs interroge le guichetier et se fait soudainement interrompre par un indien qui se met à parler en même temps au guichetier. Anaïs du tac au tac se tourne vers lui et lui demande: « Vous ne voyez pas que je suis en train de lui parler? » L’indien interloqué, se remet à sa place et se fait chahuté par son copain qui s’est fait remettre en place et de surcroit par une femme.
Le bus n’est pas le plus pourri depuis notre départ mais nous avons bien cru mourir à plusieurs reprises. La route est bonne, mais les bus ont tendances à ne pas vouloir céder le passage, et nous nous sommes retrouvés à de nombreuses reprises à 3 bus/camions sur la route alors qu’il n’y avait de la place que pour 2! Sans compter que nous n’avons pas eu le droit de prendre nos sacs à dos avec nous, et qu’ils sont sur le toit! Certes attachés avec notre corde mais quand même. A chaque grand coup de frein, on regarde en arrière, pour voir s’ils ne sont pas tombés! Après un petit arrêt par la police, nous arrivons finalement à bon port à Jaipur, la dernière étape de notre voyage en Inde (ou presque).
Et les photos !!!





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