Nous entrecoupons notre voyage en bus (local) Jodphur/Udaipur par un arrêt à mi-chemin pour visiter le temple de Ranakpur. Le plus beau temple Jaïn d’Inde. En effet, nous ne sommes pas déçus, le temple est magnifique, plein de « chapelles » et de sculptures aux détails somptueux. Les gardes nous montrent des petites détails que nous n’aurions pas pu apercevoir tout seul. Par contre après, il nous demande une petite pièce de monnaie… Grrrrrr !!!
En remontant dans le bus, un singe nous suit, s’assoit au sommet de l’un des sièges du bus et finit par voler de la nourriture à des passagers. Il ressort par la fenêtre en courant, et tout le monde barricade le bus, effrayé de le voir revenir. A l’extérieur, le singe et ses copains dévorent les poivrons qu’ils ont chipés en nous regardant d’un air arrogant, dommage que ce ne soit pas des piments!
Nous traversons de très beaux paysages de montagnes et les plus beaux paysages de campagne que nous ayons vu jusqu’ici en Inde. Sur le chemin, nous voyons des meules à grain moyenâgeuses qui tournent soit à la force de l’eau soit à la force des buffles.
Nous arrivons finalement à Udaipur en début de soirée. Après avoir rejoint notre guesthouse, nous allons diner dans un petit resto conseillé par le Lonely Planet. Après quelques minutes, 2 français arrivent et cherchent une table, ils ne trouvent pas de place et nous leur proposons donc de partager la notre. Et là le jeune homme n’est autre qu’un ancien ISGéen avec qui Anaïs était en prépa! Il voyage avec sa copine Élisabeth pendant 9 mois en Asie. Nous passons une excellente soirée à partager nos impressions sur l’inde et à discuter de tout et de rien. Juste en dessous du restaurant une dame propose des cours de cuisine, nous nous inscrivons tous les 4 pour un cours 2 jours plus tard.
Le lendemain, après une ballade sur les ghats d’Udaipur (bien moins impressionnant que ceux de Varanasi) nous nous rendons au City Palace, l’attraction d’Udaipur. C’est un palais immense où le film Octopussy (célèbre James Bond pour ceux qui ne suivent pas) a été en parti tourné. Il est à moitié transformé en hôtel, à moitié en musée. Nous avons même pu voir les préparatifs d’un mariage de luxe dans le jardin. Nous ne verrons rien de plus, mais entendrons tout de même les feux d’artifices le soir même!
La visite s’en suit d’une ballade sur le lac d’Udaipur et un arrêt sur un magnifique ilot hôtel 5 étoiles. Anaïs a très envie de s’arrêter pour boire un petit verre, mais le prix du verre est deux fois le prix de notre chambre d’hôtel ! Emmanuel met son VETO et Anaïs s’accorde à dire que ça ne serait pas raisonnable.
Après cette ballade, nous trouvons un salon de thé typiquement américain (et bien plus raisonnable) où nous dégustons de super gâteaux : tarte au noix de Pecan et gâteau au chocolat. Ça nous change. YAMMMEEE!!!!
Nous nous rendons ensuite dans un spectacle traditionnel rajpoute. Anaïs n’est en général pas friande de ce genre de spectacle et là pourtant c’est réussi. S’enchainent musiques, marionnettes, danses traditionnelles avec une danseuse qui réussit à danser avec 9 jarres sur la tête!
Au sortir du spectacle, comme le veut la tradition à Udaipur, nous dinons dans un restaurant qui propose de regarder Octopussy, comme la plupart des restos du coin. Le film a pas mal vieilli mais est plein d’humour, ce qui manque aux nouveaux James Bond.
Le lendemain nous continuons notre ballade dans la ville, et comparons toutes les piscines des grands hôtels qui sont accessibles pour un prix modique. Finalement, nous allons à la piscine du City Palace pour 300 roupies (entrée à 4euros pour un palace 5 étoiles!). Nous nous prélassons donc au bord de la piscine au bord de laquelle James Bond vient diner dans Octopussy! On passe donc l’après midi comme des comme des pachas… enfin des Maharajahs mais à moindre cout.
Enfin, arrive le cours de cuisine tant attendu. Nous nous rendons chez notre professeur à 18h et retrouvons Elisabeth et Nicolas. La maison de notre chef est composée de 2 pièces une cuisine et une salle à manger qui fait aussi chambre. Notre cuisinière commence par nous expliquer son histoire. Elle est brahmane la plus haute caste en Inde. Il y a 9 ans son mari est mort la laissant veuve avec deux fils. Etre veuve en Inde n’est pas la chose la plus aisée surtout quand on est brahmane. Elle a du rester les 3 premiers mois dans le noir dans une pièce à pleurer son mari, des femmes venaient pleurer avec elle, puis elle a eu le droit de voir le jour mais avait interdiction de sortir de chez elle la première année suivant la disparition de son mari pour le pleurer. Mais dans ces conditions comment élever et nourrir 2 enfants? Pour cela, elle sortait avant le lever du jour et faisait des ménages, chose interdite dans sa caste qui est la plus noble. Comme cela elle a pu survivre (en effet une fois veuve, une femme est perdue, sa famille l’a laissé a sa belle famille à son mariage et sa belle famille l’a renie dès la mort de son mari…) Puis elle a rencontré un touriste qui l’a complimenté sur sa cuisine (la meilleure d’inde puisqu’elle était brahmane) et l’a encouragé a donner des cours de cuisine aux touristes. Ce qu’elle a fait avec l’aide de différents touristes qui l’ont aidé à écrire ses recettes, les traduire dans les différentes langues… Après cette histoire, nous sommes un peu abassourdis, et un peu penaud d’avoir négocié sur le prix du cours…
Le cours peut commencer, elle nous explique ce que nous allons préparer pendant les 4 heures qui suivent! Tous les classiques indien: le Tchaï (le thé au lait et aux épices), des paranthas (beignets de légumes), des légumes massala, du rice pulau, des nans, des chappati et des parhatta (les 3 pains de bases indiens) des chutney de mangues verte et jaune, du curd (yaourt). Pfiouu un sacré boulot! La cuisine n’est pas très grande, et n’a rien à voir avec la cuisine de l’Atelier des Chefs!
Tour à tour nous nous mettons au travail. Notre professeur est très sérieuse, elle force le respect et l’attention, elle nous donne plein de petits détails pour réussir tous ces plats. Nous cuisinons sur son petit plan de travail mais aussi par terre, il y a plus d’espace. Nous partageons aussi la cuisine avec une petite souris qui fait son apparition de temps en temps et effraie Elisabeth!
Finalement à près de 11h du soir, nous dégustons tout ce que nous avons préparé et c’est délicieux!
Notre chef nous offre à chacun des petits souvenirs et apprenant que Anaïs et Elisabeth vivent en couple depuis si longtemps leur peint le trait rouge en haut de la tête des femmes mariées. C’est ainsi qu’un indien reconnaît si une femme est ou non mariée. C’est pourquoi on nous pose si souvent la question « Are you married? » Avec les femmes blanches et sans ce fameux trait rouge, ils n’ont aucun moyen de savoir si nous le sommes ou non!
Nous repartons ravi de cette longue soirée de cuisine et pour la première fois payons le prix annoncé au départ et non celui négocié.
Nous quittons Elisabeth et Nicolas qui poursuivent leur voyage en Inde dans le sens inverse de notre itinéraire et allons nous coucher, le lendemain la route est longue, à nouveau…
Et les photos !










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Et pourtant, nous en rêvons parfois du resto indien de bois colombes !!!!!!
Mais Anaïs sera prise en otage derrière les fourneaux, vous tiendrez le siège !
Un rêve ce voyage!!!
Anaïs, à ton retour, pas question de se retrouver comme d’hab au restau indien de BC… Hop hop hop…Aux fourneaux!!! Bises!
Il est 9h du mat ici et je viens de déjeuner mais pourtant votre plat me fait complétement rever !